3 avis
La fileuse de verre, roman / Chevalier, Tracy (1962-....). Auteur
Livre
Edité par la Table ronde ; Normandie roto impr. - 2024
Murano, 1486. Pour sauver sa famille de la ruine, Orsola Rosso se lance dans le travail du verre, un métier habituellement réservé aux hommes. Elle façonne en secret ses créations qui se doivent d'être parfaites pour être acceptées par ses pairs. Tandis que se succèdent guerres, épidémies, amours et deuils, elle affûte son savoir-faire, cherchant à s'assurer la reconnaissance de ses proches. ©Electre 2024
Voir la collection «Collection Quai Voltaire, 2024»
Autres documents dans la collection «Collection Quai Voltaire»
6 emprunts.
Avis
Avis des lecteurs
-
Une jolie perle :)
Quelle jolie histoire… J’ai beaucoup aimé voyager à travers les siècles, depuis 1486 jusqu’à nos jours. Dans « La fileuse de verre », Tracy Chevalier, qui m’avait déjà enthousiasmée avec « La jeune fille à la perle », mêle la grande histoire à la petite, et les deux sont fascinantes, tellement l’auteur arrive à les imbriquer l’une dans l’autre avec beaucoup d’aisance et de grâce, c’est fluide et agréable à lire. Nous sommes d’abord à Murano, ville des verriers, et c’est fantastique le travail de documentation qu’à fait l’autrice, qu’elle nous restitue avec maestria, sans aucun didactisme : nous partageons le quotidien des verriers et de leurs familles, que ce soit dans l’atelier auprès du four chaud où les hommes s’activent à façonner de belles œuvres, ou dans la cuisine où petits et grands se retrouvent. Nous les accompagnons sur les quais, sur les gondoles, sur les marchés, nous savourons les sardines grillées dans la cour autour d’une grande tablée et nous soupirons devant toutes les lessives à faire… Les années passant, l’espace géographique de la petite île repliée sur elle-même s’ouvre sur l’île voisine, Venise : tout un monde ! Il faut réserver un gondolier, ça prend du temps et ça coûte cher. On ne s’y rend que de façon exceptionnelle, pour rencontrer son marchand intermédiaire, livrer le fruit de son travail et se faire payer. Et ce sont principalement les hommes qui se déplacent. Aujourd’hui, le trajet entre les deux îles se fait de façon quotidienne en seulement un quart d’heure, et le monde entier vient à Murano tandis que les habitants de l’île s’exilent notamment pour du travail. C’est Orsola et sa famille que nous accompagnons au fil du temps, un temps très particulier « alla Veneziana » : nos siècles sont l’équivalent d’années pour eux. Ainsi, Orsola a 9 ans lorsque nous faisons sa connaissance en 1486 et elle en a 70 lorsque nous la quittons après les années Covid de 2020. Le procédé est à la fois déroutant et original. Finalement on oublie le temps et on suit la famille ballottée par les aléas. Les événements sont nombreux justement, et mettent à rude épreuve Orsola et sa famille. La mort du père qui les oblige à se réorganiser pour ne pas faire faillite, la concurrence entre verriers qui les oblige à se renouveler, l’arrivée de la peste avec ses décès et le risque de famine, les guerres successives qui entravent le commerce, la concurrence étrangère qui oblige à se réinventer, les inondations, les mariages, les décès, les arrangements, les inimitiés, et la vie comme elle va au quotidien avec ses joies et ses peines. « Orsola avait assisté à bien des revers que la ville avait réussi à surmonter : la découverte d’autres routes maritimes vers l’Asie et le Nouveau Monde, qui lui avait ôté son titre de capitale du commerce pour en faire le terrain de jeu des voyageurs ; les différentes épidémies de peste ; l’invasion par Napoléon et les désastres causés par les Autrichiens ; les grandes inondations ; les paquebots de croisière et les hordes de touristes qui faisaient fuir la population locale ; la mer qui montait petit à petit. Mais Venise était agile, elle s’adaptait, elle comptait sur son caractère unique, sur sa beauté éternelle, pour attirer les admirateurs. » (page 425) C’est à une société patriarcale que nous avons affaire : Orsola obéit à son père et sa mère, puis à son frère lorsqu’il devient responsable de famille, c’est lui qui décide avec qui elle se marie, c’est lui qui refuse qu’elle travaille le verre dans l’atelier réservé aux hommes. Elle doit s’occuper du ménage, des lessives, des enfants de ses frères, des courses, quasiment comme une esclave. Je me suis demandée comment Orsola avait pu avoir une telle personnalité, un tel aplomb, une telle force de caractère pour malgré tout réussir à apprendre à filer le verre avec une petite lampe, sans que son frère le sache, jusqu’à devenir elle-même responsable d’un atelier et avoir son propre commerce. J’ai admiré sa façon de négocier les prix avec les marchands revendeurs et les grands de ce monde, elle qui n’a appris à lire et écrire qu’une fois adulte. Orsola n’a toutefois pas pu choisir sa vie amoureuse : le seul homme qu’elle ait aimé doit quitter Murano et elle doit en épouser un autre, pour le bien de la famille. Toute sa force et son énergie, Orsola la mettra toujours au service de sa famille. Roman historique passionnant que je recommande.
SELLAMI AIDA - Le 20 octobre 2026 à 16:39 -
Une perle littéraire
Saga d'une famille de souffleurs de verre à Murano, du 15ème siècle à aujour'hui.
Elise, Fontaine - Le 13 février 2025 à 10:17 -
Une plongée dans l'histoire de l'art verrier
Une découverte de Murano et l'histoire d'une famille de verriers sur plusieurs siècles.
Parlons Bouquins, Fontaine - Le 14 janvier 2025 à 14:12