Les preuves de mon innocence, roman / Coe, Jonathan (1961-....). Auteur

Livre

Coe, Jonathan (1961-....). Auteur

Capelle, Marguerite. Traducteur

Edité par Gallimard ; Normandie roto impr. - 2025

A la veille de son départ à la retraite, l'inspectrice Prudence Freeborne doit gérer une ultime enquête. La victime, Chris, était un blogger de gauche infiltré dans un rassemblement d'ultraconservateurs dans le manoir d'un grand héritier. Phyl, fille d'une vieille amie d'université de Chris, tente également de découvrir la vérité.

Voir la collection «Du monde entier (Paris)., 2025»

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Avis

Avis des lecteurs

  • Livre millefeuille 4/5

    C’est un livre millefeuille que nous a concocté Jonathan Coe avec « Les preuves de mon innocence ». L’histoire se déroule principalement sur 50 jours, de septembre 2022 au moment de l’élection de Lizz Trust au poste de premier ministre britannique, jusqu’à son remplacement en octobre 2022 par Rishi Sunak. Sur ce laps de temps relativement court, nous avons plusieurs niveaux de lecture : La montée d’une extrême droite décomplexée qui n’hésite pas à afficher sa haine de l’État Providence, des syndicats, des élites et des intellectuels, et qualifie de Woke tout ce qu’elle rejette. Cette extrême droite s’allie aux lobbyings internationaux devenus superpuissances incontournables dans la gestion du monde. « Un pays est bien malade, il est en proie à des maux imminents quand l’opulence s’y accumule et que les hommes diminuent » (page 41). Face à l’élection de Lizz Trust, des jeunes diplômées comme Phyl ou Rash réagissent : « Cette femme pense que pouvoir commander un taxi ou à bouffer sur internet, ça compense le système politique pourri et la planète tout aussi pourrie qu’on nous a laissée ? (…). Elle pense qu’on a l’embarras du choix parce que tous les cinq ans, on peut se prononcer entre deux partis politiques, dont l’un est un tout petit peu moins d’extrême droite que l’autre ? » (page 63). Sur ce fond politique décrit avec une certaine rage, l’auteur nous livre une intrigue policière : Chris est un journaliste blogeur de gauche, il s’est inscrit à une conférence de trois jours organisée par un groupe d’ultras de droite sur l’avenir du mouvement conservateur. Chris se sent menacé, avant d’être assassiné : il détient des informations très compromettantes qu’il s’apprête à divulguer sur la bascule vers l’extrême droite du parti conservateur. D’emblée, le crime paraît politique et on cherche le coupable parmi les caricatures des représentants d’extrême droite présents sur les lieux. Mais fort habilement, l’auteur nous emmène sur un tout autre domaine : le monde de la littérature et des écrivains, le sens que ces derniers donnent à leur travail, leurs choix de genres de littérature et de sujets, leur rapport à la notoriété. L’auteur mène également une réflexion sur ce qu’est la réalité (nous avons chacun la nôtre et l’ère des fake news n’arrange rien) ainsi que sur l’intérêt d’avoir recours à la fiction pour dire SA réalité. Ici, le livre millefeuille se transforme en livre labyrinthe : nous avons la lecture de deux ou trois livres dans le livre, de quoi se perdre un peu ! Mais l’auteur ne s’arrête pas là : sur la toute fin du livre, un an et demi plus tard, il nous livre un nouveau (le 4eme?) niveau de lecture et nous ramène à la politique et ses dérives extrêmes. Sur ces 477 pages de politique et d’intrigue policière, Jonathan Coe saupoudre également quelques apartés réjouissantes : - Le décès de la reine Élisabeth et la façon touchante dont le peuple britannique honore sa dépouille, - La vie étudiante à Cambridge, avec ses « castes » (les riches de l’élite traditionnelle et ceux venus de leur campagne profonde), ses rites et ses réunions secrètes, - La série « Friends »… que je ne connais pas mais qui a piqué ma curiosité ! Derrière l’intrigue policière et la peinture des ultraconservateurs, Jonathan Coe dénonce la montée des extrêmes, ainsi que la désinformation de plus en plus vertigineuse et dangereuse. Livre intéressant par sa construction originale, malgré quelques longueurs et quelques passages où où j’étais un peu égarée. La fin et ses rebondissements est bien bluffante !

    SELLAMI AIDA - Le 16 janvier 2026 à 16:47